Périégèses

(tours de mondes) Saison 3

Où sommes-nous ? Contact Retour à la page d'accueil
Menu accordéon en images

Sud de la Thaïlande

Kanchanaburi et le pont de la rivière Kwaï


Avant de partir pour les plages du sud tant désirées, nous faisons un petit crochet vers l'ouest, dans la province de Kantchanaburi. A part quelques balades et une nuit passée dans le parc national de Say Yok, notre séjour a été consacré à des visites sur les lieux de mémoire de la seconde guerre mondiale et, en particulier au pont de la rivière Kwaï (prononcer "Kwaë", sous peine de dire une grossièreté) ".

Avant de se rendre sur le site rendu célèbre par le roman de Pierre Boulle et le film de David Lean, une visite s'impose au centre du Chemin de Fer de Thaïlande. Ce musée retrace l'histoire de la ligne que les Japonais réussirent à construire en quelques mois pour relier, via le Siam, leurs positions stratégiques de Malaisie et de Birmanie.
Pour aller au plus vite, ils utilisèrent massivement leurs prisonniers de guerre anglais, australiens et hollandais, auxquels s'ajoutèrent bientôt des ouvriers recrutés localement ou dans les pays voisins. Les conditions de travail et de captivité, aggravées par les châtiments, la rigueur du climat et les maladies tropicales, causèrent de lourdes pertes parmi les soldats et les civils, particulièrement aux abords de la frontière birmane, accidentée et couverte de jungle. Il y eut plus de 100.000 morts, sans doute, dans la seule région de Kanchanaburi, où il fallut creuser des tranchées pour franchir les montagnes et construire des ponts pour traverser les rivières.

Le musée présente toute l'histoire du chemin de fer, de la prise de Singapour en 1942 à la fin de la guerre. L'accent est mis sur la difficulté des travaux à entreprendre, l'entêtement du commandement japonais à tenir les délais fixés et les souffrances endurées par les hommes. On trouve des cartes, des photographies d'époque, des documents écrits, des exemplaires de l'outillage plus que rudimentaire mis à disposition des ouvriers, et des témoignages émouvants de rescapés.

En face du musée, le cimetière des Alliés regroupe près de 7000 tombes alignées comme sur les champs de bataille de la guerre de 14-18. Tous les corps ont été identifiés et un tableau permet de retrouver la sépulture de tel ou tel soldat. Par contre, aucun cimetière n'est dédié aux civils.

Le pont se trouve à quelques kilomètres de Kanchanburi, au nord. Le premier ouvrage en bois, si bien mis en scène dans le film de Lean, fut assez vite remplacé par une structure métallique et fonctionna pendant plus de deux ans, jusqu'à son bombardement par les Anglais en 1945. Aujourd'hui, on peut le parcourir à pied d'un bout à l'autre. Comme nous bivouaquons à proximité, sur la rive droite, nous avons eu tout le temps de le contempler et de répondre au sifflet du petit train touristique qui passe de temps en temps, en sifflotant en retour la "marche du colonel Bogey": "Hello, le soleil, brille, brille, brille... Hello, tu reviendras bientot...".

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours


Le col du feu de l'enfer

Mais le pont sur la Nam Khwae ne fut qu'un des nombreux ouvrages construits en moins de deux ans sur la ligne du "death railway". A une centaine de kilomètres au nord de Kanchanaburi,  le mémorial de "Hellfire pass" (le col du feu de l'enfer) appelle aussi une visite. Il ne s'agit pas d'un pont mais d'une tranchée taillée dans la montagne pour permettre la pose des rails. A l'endroit le plus encaissé, on dirait un véritable tunnel à ciel ouvert, profond de plus de vingt mètres. Aussi incroyable que cela paraisse, cette oeuvre titanesque fut accomplie en moins de trois mois, par des ouvriers équipés seulement de pelles, de pioches et de barres à mine. Le travail se poursuivait la nuit, à la lueur des torches. 15000 hommes y perdirent la vie. La plupart des victimes étaient des prisonniers de guerre australiens. Le site se trouve à l'intérieur d'un camp militaire ouvert au public. On peut suivre la tranchée sur environ deux kilomètres. Il n'y a pas grand chose à voir, sinon, çà et là, quelques tronçons de rails, mais le parcours est plus chargé de souvenirs et d'émotion que le pont de la rivière KwaÏ.
A l'entrée, un excellent musée, plus moderne que celui de Kanchanaburi, présente des maquettes, des outils, des cartes et des documents et rend bien compte de la vie et de la survie des travailleurs prisonniers. Beaucoup de visiteurs sont australiens et viennent déposer sur le site des dédicaces et des coquelicots en mémoire des membres de leur famille morts ici.

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours


Le parc national de Sai Yok Un peu plus au nord, on retrouve encore des portions du ballast de l'ancienne ligne dans le parc national de Sai Yok, où l'on peut se promener sur des sentiers bien balisés. Un pont suspendu franchit une rivière bordée de bungalows flottants, sur laquelle circulent quelques "long tails" et dans laquelle plonge directement une courte cascade. Le parc abrite aussi de belles grottes à stalagmites et stalactites dont certaines sont peuplées de minuscules "kitties", chauves-souris à nez de cochon" ou "chauve-souris bourdon", une espèce menacée qui n'existe qu'en Thaïlande et en Birmanie.

Sur le chemin du retour à Kanchanaburi, nous sommes passés sans nous arrêter devant le Wat Pha Luang Ta Bua, surnommé "Tiger temple". On peut, paraît-il, y voir des tigres en semi liberté mais le prix est exorbitant et les pratiques semblent douteuses. Les fauves seraient drogués pour permettre aux touristes, assez nombreux, de les approcher de plus près... ce qui n'a pas suffi à empêcher quelques accidents photographiques.

Note ajoutée le 5 juin 2016 : Le 30 mai, deux mois après notre passage, une perquisition a été menée sur place et, suite aux constats dressés, le gouvernement thaïlandais a décidé d'interdire définitivement cette activité contestée. Les 137 tigres du temple devraient être évacués dans les prochains jours.

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours


Kanchanaburi intra muros

Avant la deuxième guerre mondiale, Kanchanaburi était une ville prospère et on en trouve les traces dans une rue commerçante, qui jouxtait  autrefois la rivière : l'"heritage walking street". De nombreuses boutiques et habitations datent du début du XXème siècle, de style chinois, sino-portugais, thaï. Une vingtaine de panneaux retracent l'histoire et l'architecture des plus importants édifices de cette rue historique.

Nous quittons maintenant définitivement la partie nord de Thaïlande. A nous, bientôt, le sud et les plages sur lesquelles nous avons bien l'intention de nous prélasser. Mais rien ne presse. Campés au pied du pont dans une prairie accueillante, nous regardons couler la rivière Kwaï. Tout est si paisible aujourd'hui. Les bateaux karaokés sont discrets en cette saison et nous avons tout loisir d'écouter les bruits de la nuit. Entendrons nous encore, du côté de Hua Hin et de Pukhet, le cri du gecko tokhai, le lézard siamois, et l'appel insistant et strident du koel, une sorte de coucou, qui nous sont devenus si familiers  en fin de journée ?

Pays en cours Pays en cours Pays en cours


Cha Am et Hua Hin :



C'est dans la province de Phetchaburi, à Cha-Am, que avons retrouvé la mer. Huit mois que nous ne l'avions pas vue ! En saison 3, au Xinjiang, nous sommes même passés près du point du monde le plus éloigné de tout océan. C'est dire...
Sitôt garés, nous nous sommes précipités dans l'eau mais il faut bien avouer que cette première plage était un peu décevante. Peu de profondeur, comme ce sera d'ailleurs le cas en général dans le golfe de Thaïlande, et une eau peu limpide.
Nous sommes néanmoins restés deux jours sur place, sur un parking bien ombragé puis dans l'enceinte d'un temple dont nous n'avons jamais compris le nom, malgré l'amabilité du moine qui nous a reçus. Peu de baignades, en fait, mais le plaisir de retrouver une ambiance de bord de mer. Dans la rue principale, parallèle à la plage, la cuisine de rue est maintenant résolument maritime. Poisson, crustacés divers, et surtout des brochettes de calamars dont nous nous délectons. Les Thaïlandais semblent d'ailleurs venir pour les fruits plutôt que pour la mer. Ils se trempent à peine dans l'eau, sans enlever leurs vêtements, et passent des heures à grignoter divers amuse-gueules allongés sur des transats.

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours


Entre Cha-Am et Hua Hin, deux endroits agréables à visiter

Toujours en bord de mer, le palais d'été Mrigadayavan est situé dans un camp militaire mais l'entrée est libre et la visite payante. On peut se contenter de faire le tour des jardins et d'admirer l'architecture des différents bâtiments. Tout est largement ouvert sur l'extérieur pour faciliter la ventilation et profiter au maximum de l'air marin. Conçu jadis pour préserver la santé fragile du roi Rama VI, cet ensemble, tout en bois, fait aujourd'hui le bonheur des visiteurs.

Un peu plus loin vers le sud, le "Sirindhorn International Environmental Park" est un vaste site naturel dédié à la préservation de la mangrove. Le parc, placé sous le patronage de la Princesse Bejaratana, est à la fois un centre de préservation d'une zone sauvage et un espace pédagogique conçu pour sensibiliser les visiteurs à l'importance de la mangrove dans l'environnement. De longues promenades sur pilotis permettent de circuler au dessus du sol et des panneaux explicatifs détaillent la flore et la faune de ce biotope particulier. Les photos de la princesse abondent, comme d'ailleurs dans toute cette province, où la famille royale possède nombreuses résidences. Elle semble définitivement plus populaire que son frère, qui est pourtant le successeur désigné du roi actuel.

Pays en cours Pays en cours Pays en cours


  Hua Hin

C'est à Hua Hin et dans ses environs que nous avons que nous avons trouvé nos premières vraies belles plages. Encore proche de sud, la ville a tout d'une station balnéaire "classique". Longue plage propre, hôtels, cafés, restaurants, terrasses et résidences privées en front de mer. A cela s'ajoutent des traits typiquement thaïlandais : salons de massages, bars à filles, quartier "rouge" mais aussi un quartier historique avec de vieilles maisons en bois sur pilotis, un village de pêcheurs encore très actif, et, bien sûr le traditionnel marché de nuit, bondé aux premières heurs de (relative) fraîcheur.
A 200 kms à peine de sud, auquel elle fut très tôt reliée par une ligne de cheminde fer, la ville, résidence officielle de vacances de la famille royale depuis les années 20, fut rapidement fréquentée par l'aristocratie et la bourgeoisie de la capitale. Cette soeur "siamoise" de Deauville ou de Biarritz est encore aujourd'hui la station la plus prisée des Thaïlandais. Même si laplupart des gens viennent  plutôt aujourd'hui par l'autoroute, la petite gare est toujours en activité. Tout en bois, de couleur rouge et blanche, elle a valeur de monument historique et dégage un parfum désuet, à mi chemin entre far ouest et station de villégiature, entre "le train sifflera trois fois" et " la recherche du temps perdu».
La plage est coupée en deux par un promontoire au sommet duquel se trouve un petit temple chinois. Au nord, elle est assez rocailleuse. C'est là qu'elle est la plus belle mais pas la plus sauvage. Les Thais et les touristes adorent cet endroit où ils peuvent barboter dans trente centimètres d'eau et prendre des poses de mannequins juché(e)s ou assis(e) sur les rochers.
Au large, trois navires de guerre sont au mouillage. C'est signe, nous dit-on, que le roi est actuellement en résidence dans le palais royal situé un peu plus au nord. La nuit,les trois bâtiments sont illuminés. Les fêtes de Songkhran, nouvel an thaïlandais, approchent... Mais la meilleure promenade est celle qui part vers le sud, après le temple. La plage continue sur plus de 5 kilomètres, jusqu'à la presqu'île de Khao Takiab et on peut marcher longtemps sur le sable vierge sans rencontrer personne.

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours


Khao Tao

La plage suivante, à environ 15 kms au sud, de l'autre côté de Khao Takiab, est celle de Khao Tao. C'est d'abord là que nous avons élu domicile, encore une fois dans l'enceinte d'un temple, en surplomb et à l'ombre. Un de nos meilleurs bivouacs en Thaïlande. A cet endroit, il est facile de se baigner et l'eau est un peu plus profonde. La plage est déserte et il n'y a, pour l'instant,qu' une seule vilaine construction à déplorer. L'embouchure d'une rivière sépare la plage, d'une petite montagne presque entièrement occupée par un ensemble monastique. De l'autre côté de cette colline, au sud, la petite crique de Hat Sai Noi a des faux airs de calanque méditerranéenne. Pour l'atteindre, on longe la rivière, le long de laquelle s'alignent les barques colorées des pêcheurs, puis un lac artificiel très aménagée sur lequel se déroulent des compétitions d'aviron, en présence, paraît-il, du roi ou de membres de la famille royale.
A Khao Tao, nous faisons la connaissance d'un couple de résidents français, Michèle et Jacques, qui habitent une jolie petite maison à deux pas de là. Jacques, d'origine arménienne, né à Alep en Syrie, est un garagiste à la retraite. Intrigué par ce fourgon toulousain garé au bord de "sa" plage, il nous invite à dîner et à poursuivre notre bivouac dans leur jardin, tout proche. Nous passons avec eux une excellente soirée et reprenons la route le lendemain, pensant ne plus revenir.
Nous nous trompions lourdement.

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours

Pays en cours Pays en cours Pays en cours Pays en cours


La panne :

Le 5 avril, en fin de matinée, nous pénétrons dans le parc naturel de Khao Sam Roi Yot. Subitement, la pédale d'embrayage ne remonte plus qu'à moitié. Je crois d'abord qu'elle est retenue par le tapis de sol mais il faut bientôt se rendre à l'évidence. Il y a un problème avec la pédale elle-même. Après deux ou trois essais et quelques tentatives de la relever à la main, elle tombe sur le plancher avec un bruit sec, totalement inerte.
Nous n'avons pas réalisé tout de suite la gravité de la panne et, surtout, pas compris à quel point elle allait durablement nous immobiliser. Après avoir tripoté le mécanisme et essayé de comprendre ce qui pouvait le maintenir bloqué, nous essayons de voir si nous pouvons au moins déplacer Tirésias jusqu'à un garage. Rien à faire. Les vitesses passent moteur éteint mais, dès que nous mettons en route, le levier est coincé. Impossible aussi de débrayer et embrayer à la main. Tout au plus peut-on faire quelques soubresauts à coups de première ou de seconde enclenchée avant contact. Nous nous décidons donc à appeler Jacques qui effectue aimablement les 50 kilomètres qui nous séparent maintenant de son domicile. Son diagnostic est clair : problème dans le circuit hydraulique. Dans les embrayages modernes, la pédale n'actionne plus un câble mais agit en pression sur un liquide en circuit fermé, par l'intermédiaire d'un système émetteur (côté pédale) - récepteur (côté embrayage). Peut-être suffira-t-il de purger le circuit, et de remettre du liquide (le même que le liquide de freins). Si cela ne suffit pas, il faudra probablement remplacer la pièce défectueuse.

Pour lire le récit, un peu fastidieux, jour par jour  des réparations et des formalités qui ont immobilisé Tirésias pendant près de trois semaines, il faut consulter la page "Pépites et pépins".